HAPI
  Economie Sociale
  Dimanche 5 Septembre 2010  

Où va notre société ?


Il est patent que depuis quelques temps notre société est entrée dans une zone de turbulences. Même l'économie nationale, qui devrait être un moteur, est devenu instable. Elle se développe vers la mondialisation au détriment d'une économie de proximité. Par là elle oublie ce qui a fait ses origines et sa force: ces PME, ces ingénieurs, ces ouvriers, tous ces travailleurs du tissu régional. Tous ces gens de l'ombre, tels des fourmis, qui ont construit ce capital à la sueur de leur front, avec persévérance, ingéniosité et ténacité. On constate alors que ce capital constitué devient autonome, grossit en vase clos - l'argent pour l'argent - sans considération sociale ou écologique. On ne peut pas ainsi réduire l'homme au service de l'économie, alors que la mission particulière de celle-ci a pour objet de transformer le monde au meilleur coût possible, en dépensant le minimum de moyens possibles, tout en satisfaisant dans les meilleurs conditions les aspirations humaines et les besoins des individus. Le signe évident du dysfonctionnement du système économique est l'instabilité de l'emploi avec, à la clé, le chômage et son cortège de misère sociale. Ce syndrome touche, en particulier, toute une couche de la population de défavorisés que notre système économique rejette, telles des scories, à la périphérie de la prospérité.

Malheureusement l'Etat fédéral et les cantons ne montrent pas toujours le bon exemple. Il y a inadéquation entre l'économie et le politique. Par sa mondialisation l'économie échappe à toute synergie avec le pouvoir politique. Au lieu d'encourager le développement du tissu économique régional par un soulagement fiscal et un soutien efficace aux PME, l'Etat introduit toute une série de mesures coercitives sous formes de taxes de tous ordres, sans parler de celles à venir (CO2, écobonus, les ordures, augmentation de la TVA, etc.). Les pouvoirs publics pensent par cette stratégie être à même de combler leur déficit et c'est le contraire qui se passe. Par l'augmentation de la fiscalité directe ou indirecte, c'est le pouvoir d'achat qui va diminuer, donc les moyens d'investissement pour l'économie et les PME en particulier. Par conséquent les faillites vont encore progresser, le chômage aussi ; d'où de nouvelles charges sociales en perspectives à prélever sous forme d'impôts. C'est la spirale infernale. Tout le système fiscal est à revoir et à harmoniser à tous les niveaux : communes, cantons et Confédération.

Dans cette mouvance mondiale des activités humaines, inéluctable à l'ère du numérique et de l'information, le contraste devient de plus en plus évident, de plus en plus difficile à dissimuler, entre une science et une technologie pléthoriques et la stagnation manifeste du politique, de la pensée scientifique et sociale vis-à-vis des problèmes centraux qui affectent notre connaissance de la réalité. En particulier l'économie aujourd'hui a besoin de flexibilité d'esprit, de mobilité spatiale, de polyvalence et d'un cadre motivant pour la création et la stimulation de nouvelles idées. Force est de constater que notre instruction publique, les filières de formation et les possibilité de formation continue ne sont plus adaptées à ces nouveaux défis.

D'autre part notre pays se replie sur lui-même, par peur du risque si ce n'est par égoïsme. Cette attitude frileuse nous confine sur une île, isolée au milieu d'une Europe qui se construit sans nous. Certes, elle n'est pas exempte d'erreurs, de faiblesses d'incohérence ; mais comme dans toute dialectique les idées s'affrontent dans le respect de la différence, de la diversité et dans la complémentarité des cultures. Peu à peu émerge la conscience d'une identité européenne, d'une symbiose à l'échelle d'un continent. Alors que dans notre pays, prisonniers du carcan de nos habitudes, nous restons immobiles, avec une peur atavique de nous mouiller et de perdre nos privilèges et prérogatives. L'intérêt pour la chose publique s'amenuise ; la fréquentation des urnes est le signe révélateur d'un manque d'esprit civique. Nous avons perdu la foi en nous-mêmes et en nos vertus démocratiques. Le doute s'insinue sournoisement dans notre âme collective.

Nous ne voulons pas baisser les bras, car les choses ne sont pas inéluctables. Avec conviction nous croyons à une dynamique du changement. Il s'agit simplement de revoir nos schémas de pensée, de prendre une autre grille de lecture pour décoder le sens de la crise. En chinois le mot crise signifie "attention! danger!" et en même temps il signifie "chance! opportunité!". Faisons en sorte que ce danger devienne une chance. Car la crise, par son instabilité, est synonyme de propriétés émergentes et d'ordre par les fluctuations. Dans une société en accélération, où se succèdent ordre et chaos, nous voulons concilier une stratégie collective d'opportunité avec une stratégie individuelle de sécurité. Nous disons qu'il faut "Penser globalement et agir localement".

Nous voulons, à notre niveau et avec nos moyens, promouvoir dans cette nouvelle rubrique la réinsertion économique et sociale de ces personnes handicapées de la vie: chômeurs en fin droit, ou en recherche d'emploi, et qui tentent de s'en sortir par leurs propres moyens. Elles ont fait des sacrifices pour suivre des cours et une formation selon leurs aspirations. Et non ceux imposés par les Services de placement des chômeurs qui répondent aux besoins d'une économie dominante et par là engendre une nouvelle génération de "coolies", esclaves des temps modernes comme ces petites mains avec un contrat sur appel. Ainsi, à votre demande, nous hébergeons des homes pages d'artisans qui essayent de se mettre à leur compte.

André Braichet

Le massage assis - Astrid Kirsch